
Cela
se passe dans un petit cimetière d'une une petite ville de
l'Est de la France c'est un début d'après midi de
printemps un homme de grande stature avec une allure fatiguée
et frileuse se recueille près d'une tombe et il semble
dialoguer avec lui même. Une brise légère
s'élève qui fait vaciller doucement les cyprès
et une voix paternelle mais autoritaire rompt le silence des
lieux.
La Voix: Alors mon brave! bien content de vous voir, cela fait longtemps que vous m'aviez rendu visite.
L'homme: Oui je sais et je m'en excuse vivement mais actuellement j'ai pas mal de problèmes.
La Voix: Oui je sais ce brave Lionel était ici la semaine dernière et il n'a pas arrête de pleurnicher, d'après lui vous vous êtes mis dans une situation impossible sans solution bien définie et c'est la chienlit....
L'homme: Oui je sais mais tout bien considéré, c'est la faute de mon copain Bill. Il m'avait assuré qu'il avait les moyens nécessaires de terminer cette aventure en quelques jours et que Slobodan changerait d'idée rapidement et retournerait dans ses foyers a la première explosion. A priori il semblerait que l'on se soit trompé et cela nous coûte la peau des fesses. Ho... Excusez moi cet écart de langage, mais des fois rien qu'à y penser j'en perd mon cool... et il se peut que d'ici quelques semaines on se trouve dans la m.... jusqu'au cou.
La Voix: Combien de fois il faudra vous le répéter que vos amis d'Outre Atlantique ont une idée très simpliste des affaires de politique internationale. Bombarder la tente du bédouin c'est assez facile et sans risque, par contre, déloger une population qui a des centaines d'années d'expérience des conflits armés c'est tout a fait différent. Il faut avouer qu'ils n'ont pas tellement évolué, ils en sont toujours à la doctrine de la canonnière. J'avais moi même conseillé à Richard de se désengager du merdier de l'Asie du Sud Est. Il ne m'a pas écouté, et vous connaissez le résultat. Votre prédécesseur s'est laissé entraîner par le cow-boy hollywoodien dans l'aventure libanaise et 150 Français y ont péri. Chaque fois que vos petits copains d'Outre Atlantique interviennent c'est la chienlit, et si ça tourne au vinaigre, ils plient bagages et rentrent chez eux ou ils vous laissent un contingent de soldats et ils n'arrêtent pas de vous rappeler qu'ils sont les seuls gardiens des libertés du monde occidental, et en contre partie, vous devez accepter sans discuter leurs produits et culture...
L'homme: Oui je sais, mais...
La Voix: LAISSEZ MOI TERMINER... vous savez que je n'aime pas être interrompu lorsque je parle ... Approchez vous un peu plus près mais évitez de piétiner le pot de chrysanthèmes qu'a laissé Madeleine avant son séjour à Rambouillet. Elle est venue parait-il pour méditer et y chercher l'inspiration d'après ce qui se passe, elle aurait du méditer plus longtemps. Si vous vous rappelez, c'est avec beaucoup de difficultés que j'ai mis à la porte vos amis d'Outre Atlantique du territoire national. Nous nous sommes retiré de leur commandement de l'OTAN où notre participation active serait d'intervenir uniquement, je dis bien uniquement, que si le territoire Français et Européen était agressé.
Après une pause
La Voix: Mon cher Jacques
L'homme: Oui mon Général:
La Voix: Vous devriez ainsi que votre petit camarade Bill, relire mes mémoires de temps en temps.
Il est maintenant tard dans l'après midi. Le soleil de printemps disparaît lentement à l'horizon, l'ombre des cyprès recouvre entièrement le petit cimetière, l'homme se dirige lentement vers la sortie. Il a l'air moins fatigué son allure est plus alerte et un petit sourire nostalgique éclaire son visage.
RR...